Les portraits de Saint-Just peints de son vivant, ne sont pas très nombreux, et il n'y en a apparemment pas un seul dont l’authenticité (du peintre ou
du modèle) ne serait contestée par les historiens de l'art.
S'il est généralement reconnu que le jeune homme sur le remarquable tableau de Jacques-Louis David, c'est bien Saint-Just, il n'y a pas de certitude que ce
tableau soit peint par David lui-même, et non point par Jean-Louis de Neuville, un des nombreux élèves de son atelier, l'artiste lui-même n'apportant
finalement au portrait que quelques touches finales avant de le signer.
Nul ne peut nommer avec certitude l'auteur du fameux pastel bleu du Carnavalet. D'ailleurs, certains historiens de l'art mettent en doute même la
paternité de Prud'hon pour son tableau, et ce, malgré l'inscription «A Saint-Just, Prud'hon»… Enfin, il faut reconnaître qu'il y a quelque
raison de croire que certains portraits de Saint-Just soient en réalité des portraits d'un jeune homme supposé Saint-Just. Ainsi, pour le
portrait de Greuze du musée de Saint-Omer ou pour la sanguine de Guérin, rien ne permet d'affirmer que c'était bien Saint-Just, leur modèle.
Il devient évident que dans ce domaine il y a plus de questions soulevées que des réponses qui puissent y être apportées. N'ayant point pour but de trancher
dans ces difficiles questions de l’authenticité, ce site vous propose simplement de passer en revue les portraits de Saint-Just bien connus. La ressemblance
qui lie la plupart d'entr'eux, est indéniable, comme celle qui lie Saint-Just avec ses parents.
En regardant ses portraits, force est de constater que la plupart des peintres contemporains de Saint-Just l'ayant approché, l'ont vu, à la différence de
certains collègues, comme un homme élégant, bien fait, sensible, beau, de cette beauté un peu efféminée, et jeune… bien jeune.