A la fin du XVIII siècle, il y avait au N° 1 de la rue Gaillon, l'hôtel "Aux Etats-Unis". La photo du début du siècle dernier nous montre un état de lieux
certainement plus rapproché de l'époque que celui d'aujourd'hui où le bâtiment de l'hôtel n'existe plus; à sa place se dresse aujourd'hui, coin de la rue
Gaillon et de l'avenue de l'Opéra, une construction élégante, occupée par une banque.
Arrivé à Paris le 18 septembre 1792, Saint-Just est initialement descendu à l'hôtel "Cheval Rouge" (aujourd'hui disparu), rue Saint-Denis. Mais deux jours
plus tard, il est parti pour les "Etats-Unis", hôtel tenu par la dame Pierret, le préférant certainement pour sa proximité de la salle des séances de la
Convention, son nouveau lieu de travail. Sans dire que l'hôtel était très proche du Club des Jacobins.
Il y occupait un deux-pièces au premier étage. Rentrant le soir après une journée à l'assemblée, Antoine ne se sentait probablement pas très dépaysé,
car l'hôtel était littéralement envahi par des députés de province aux tendances girondines et aux familles nombreuses. Cependant, Saint-Just y était
resté jusqu'à son déménagement dans un appartement loué rue Caumartin en mars 1794.
Selon la version de M.-A. Charmelot, le peintre François habitant le même hôtel, avait peint le fameux pastel bleu de Saint-Just. Lamartine, quant à lui,
affirme que ce portrait est l'ouvrage de Rose Ducreux, qu'il dit être la propriétaire de l'hôtel et qui trouvait son hôte "très aimable et d'une exquise urbanité". D'autres
encore désignent la dame Pierret, véritable propriétaire et également auteure du pastel. Toujours est-il qu'interrogée après le 9 thermidor, la logeuse
accusait son ex-locataire de lui devoir presque mille livres à titre de loyers et de frais de port du courrier non-payés...